Mgr NICODEME BARRIGAH APPELLE LES POPULATIONS A TRANSCENDER LES PERIODES DOULOUREUSES DU TOGO POUR UN PAYS PLUS UNI ET PLUS SOLIDAIRE
Aného, 28 oct. (ATOP) – Le président de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), Mgr Nicodèmes Barrigah-Bénissan, a exhorté, le jeudi 27 octobre à Aného, les Togolais à tourner les pages sombres de leur histoire en se
réconciliant, en tournant le dos aux violences extrêmes et aux multiples violations massives des Droits de l'Homme, lors des audiences publiques de son institution dans les Lacs démarrées deux jours plus tôt. En tout, trente-quatre dossiers ayant trait aux violences sociopolitiques durant des consultations électorales en 1958, 1993 et 2005, aux arrestations, d'individus,
aux expropriations de propriétaires terriens pour cause d'exploitation des mines de phosphate dans le Vo, les Lacs, de même que des droits de réponse ont été examinés en audiences publiques, privées et à huis clos.
Suite à ces auditions, la CVJR a fait des analyses relatives aux violences sociopolitiques liées élections, aux expropriations des propriétaires terriens dans les zones d'exploitation des phosphates et de l'usage du droit de réponse, à travers un point de presse lu par son porte-parole, Professeur Koffi Ahadzi-Nonou.
La CVJR constate que dans la région Maritime, terrain de prédilection de plusieurs partis politiques, les Lacs, Vo et le Bas-Mono n'ont pas été épargnées lors de toutes les consultations électorales de 1958 à 2005, avec des cas d'éliminations physiques sommaires, de disparitions d'hommes et des destructions de biens meubles et immeubles. Concernant les expropriations liées aux
phosphates, la CVJR demande à ce que des mesures d'accompagnement soient étudiées et exécutées dans le sens de l'apaisement des expropriés.
La CVJR encourage les personnes accusées à user du droit de réponse afin de présenter leurs versions des faits.
Elle a rappelé que les récits et témoignages des victimes relèvent de leur seule responsabilité et que nul ne peut être inquiété sur la base de ces déclarations. Tout en remerciant les populations, les autorités locales de la Région Maritime, les medias et les organisations de la société civile, la CVJR a indiqué que les investigations continuent pour la vérification des faits et que toutes les 20011
dépositions recueillies, dont 910 par son antenne d'Aného, seront prises en compte pour formuler des recommandations au gouvernement.
Lors de la dernière journée, la déclaration des FAT lue par le lieutenant-colonel Diabakaté Bako ainsi que la réplique de l'ex-premier ministre
Agbéyomé Kodjo aux diverses accusations de meurtres ou de vandalisme sur des personnes et des biens dans les années 93 ont retenu l'attention du
public.
Les FAT ont affirmé que des militants réfractaires de la coalition de l'opposition qui
doutaient de la transparence du processus électoralavaient exercé des actes de vandalisme et de violences sur le personnel électoral et certaines autorités administratives. Ce qui a conduit la FOSEP dans des opérations de maintien d'ordre qui ont fait des victimes regrettables. Ils ont aussi donné
leur version des violences électorales d'avril 2005 à Aného et sur la personne du chef traditionnel Zankli Lawson VIII, suite aux témoignages des jours précédents.
Les FAT ont réitéré leurs compassions aux victimes, imploré le pardon de tous ceux qui, de près ou de loin, ont subi des préjudices avérés et condamné les exactions commises sur le chef Lawson VIII tout en lui demandant pardon.
Elles recommandent à la CVJR de faire toute la lumière sur ces violences pour situer réellement les responsabilités, implorer le pardon des victimes et envisager d'éventuelles réparations pour l'apaisement des coeurs et la réconciliation.
L'ex-premier ministre, écouté en audience publique sur des accusations de meurtres, de destruction de biens de militants de l'opposition avec la complicité des miliciens, a nié les faits à lui reproché à Tsévié par plusieurs personnes. Il fut par la suite écouté à huis clos pour le massacre des militants de l'opposition à Fréau Jardin à Lomé en 1992. Les audiences publiques de la CVJR reprendront le samedi 29 octobre à Kpalimé.
ATOP/KAA/KBK
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